EL TRES DE MAYO DE GOYA

EL TRES DE MAYO

Fusil au poing courbant l’échine

Dépourvus d’expressivité

Visages absents pas occultés

Par la capuche mais absents

Sans identité ressemblants

Sans humanité tous conformes

Tels des automates dressés

Pour tomber le vil espagnol

Se perdant obscur dans le noir

Courbés par la lourdeur de l’arme

De la honte aussi concentrés

Sur le condamné madrilène

Son pauvre habit éblouissant

Lumineux son appel au ciel

Qui le hisse et déjà lui offre

Les ailes de la mort martyre

Et si implorant son regard

Qu’il centre sur lui l’attention

Même celle des armes prêtes

A résonner d’une harmonie

Froide sous le souffle de l’hiver

Noire par la poudre de l’enfer

Les yeux des compagnons de route

Figés parce qu’ils voient déjà

Se peindre à nouveau le tableau

Pour eux cette fois insurgés

Condamnés leurs yeux vers le ciel

Leurs corps si blancs cibles nouvelles

Des capes et des fusils sans tête.